Façade du CESR

Créé en 1956, le Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) est un centre de formation et de recherche dédié à l’étude de la Renaissance en Europe, de Pétrarque à Descartes et aussi, grâce à de nombreuses collaborations, à l’étude des patrimoines, principalement en Val de Loire. Conformément à cette double vocation scientifique et pédagogique, il a obtenu au cours de son histoire le double statut, unique en France :

  • d’UFR (unité de formation et de recherche) de l’université de Tours ;
  • d’UMR (unité mixte de recherche 7323) sous la triple tutelle de l’université de Tours, du Centre National de la Recherche Scientifique et du Ministère de la Culture.

À l’origine, le CESR a d’abord été un centre d’études sur la Renaissance avec des activités de recherche puis de formation intégrées, reposant sur une bibliothèque, une photothèque puis de nombreuses bases de données conçues par les chercheurs et les ingénieurs. Il a très tôt pris le tournant du numérique (numérisation, encodage, reconstitution 3D, etc.) pour augmenter ses recherches, mieux les conserver et les diffuser. Sont venues progressivement s’ajouter des études sur les patrimoines matériels et immatériels du Val de Loire, le plus vaste espace d’Europe inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en raison de son paysage et de ses magnifiques monuments façonnés ou transformés à la Renaissance puis par le mouvement de la néo-Renaissance.

Cette triple spécialisation (Renaissance, Numérique, Patrimoines) a conduit naturellement le CESR à élargir son champ d’analyse et d’action :

  • Au sein de son UMR et tout en cultivant sa spécialité, le CESR a conçu et dirige depuis 2014 le programme régional (ARD) Intelligence des Patrimoines pour un collectif de 32 laboratoires et environ 360 chercheurs. Financé en grande partie par la Région Centre-Val de Loire, ce programme innovant de recherches interdisciplinaires propose non seulement une nouvelle compréhension des patrimoines culturels et naturels en s’appuyant sur l’espace ligérien, mais aussi la valorisation des nouveaux savoirs produits, à destination de l’économie touristique et désormais l’incubation de start-up avec le Smart Tourisme Lab.
  • Dans le cadre de son UFR et également en partenariat avec d’autres UFR de l’université, le CESR a ouvert en 2018 l’École supérieure en Intelligence des Patrimoines (ESI-Pat). Cette nouvelle formation de l’université de Tours, qui s’appuie sur la richesse interdisciplinaire et la tradition pédagogique du CESR, consiste à faire bénéficier les étudiants des principaux acquis scientifiques et méthodologiques du Centre, complétés par ceux du programme ARD Intelligence des Patrimoines.

Dans sa partie UMR, le CESR accueille aujourd’hui une centaine de membres de l’université, du CNRS, et du Ministère de la Culture : chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs (titulaires et contractuels), et une soixantaine de doctorants. Il rassemble toutes les disciplines des sciences humaines (Histoire, Littérature, Philosophie, Musicologie, Architecture…) et a établi de solides collaborations avec d’autres secteurs scientifiques : sciences du numérique, sciences sociales, sciences des matériaux, sciences archéologiques et même sciences du vivant… Avec le pilotage d’Intelligence des Patrimoines, le CESR dirige en son sein six programmes de recherche nationaux et européens :

Il est impliqué également dans plusieurs collaborations internationales (Naples, Urbino, Florence, Bologne, Padoue, Venise, Bâle, Genève, Budapest, Cluj, Tartu, Berlin, Göttingen, Bochum, Utrecht, Liège, Louvain, Salamanque, Coimbra, Dundee, Cranfield…). Poursuivant la tradition des « stages d’études humanistes » qu’il a initiée dès sa création, le CESR organise tous les ans, au début de l’été, un colloque international d’études humanistes, ainsi que, tout au long de l’année, d’autres colloques, journées d’études, écoles thématiques et ateliers. Le Centre dirige également 10 collections chez plusieurs éditeurs français et européens (PUFR, Brepols, Champion, Droz, Beauchesne, Garnier).

En tant qu’UFR, le CESR-École supérieure en Intelligence des Patrimoines de l’université de Tours est un lieu d’enseignement interdisciplinaire qui dispense une formation à et par la recherche, de niveau master et doctorat. L’École prépare aux diplômes suivants :

L’ESI-Pat se situe principalement au croisement des sciences humaines, des sciences sociales et des sciences du numérique : y sont abordés des thématiques, des objets ou des outils variés qui nécessitent cette multiplicité des approches et des compétences. C’est pourquoi, si les enseignants-chercheurs proviennent en majorité de l’université de Tours, l’École fait aussi appel, pour enrichir sa formation, à des enseignants et des experts extérieurs, du public comme du privé. S’adressant à des publics d’horizons divers, l’ESI-Pat mise autant sur l’acquisition des savoirs fondamentaux, des méthodologies scientifiques et des nouvelles technologies, que sur la conception de projets.

À la sortie, les diplômés peuvent se diriger aussi bien vers (i) les métiers de l’enseignement (via un concours), (ii) ceux beaucoup plus difficiles d’accès de la recherche et du monde universitaire (via un doctorat), que vers (iii) les métiers publics ou privés de la culture, des patrimoines, de l’édition numérique, de l’archéologie, de l’alimentation et du tourisme (dès le master ou avec en plus un doctorat). L’un des principaux potentiels d’insertion professionnelle de l’ESI-Pat, qui a attiré près de 150 étudiants de master dès la première année d’ouverture, réside dans le fait que le haut niveau de compétences numériques acquises dans chacun des parcours de l’École est à la fois très recherché sur le marché du travail et encore très peu développé dans l’ensemble de ces secteurs.

Benoist PIERRE, Directeur