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Journée d'étude - Femmes et pouvoir dans le théâtre européen de la Renaissance

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Date(s)

le 18 octobre 2019

Lieu(x)
Site CESR (Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance)

Organisé par Juan Carlos Garrot Zambrana et Frédéric Fouassier (CESR, Université de Tours)

Dans le cadre de la thématique Scène Européenne, et dans le prolongement de la journée d'études de 2018 consacrée à « Théâtre et Histoire », cette journée d'étude s'intéressera à la relation entre femmes et pouvoir sur la scène européenne de la première modernité. Il s’agira d’étudier les figures des femmes de pouvoir et leur rapport particulier à l’autorité, mais aussi le phénomène de la prise de pouvoir à travers, notamment, la prise de parole.

Au cœur de la question du rapport entre femmes et pouvoir se trouve la problématique de la représentation du pouvoir au féminin, puisque l’image des femmes est le plus souvent construite sans leur intervention. Ainsi, les représentations des femmes sont souvent négatives, et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de figurer leur relation au pouvoir. On pense par exemple aux représentations de Cléopâtre ou aux allusions à Sémiramis, ou bien encore à la différence de traitement du personnage de Jeanne d’Arc selon qu’elle apparait dans les pièces françaises ou anglaises. Toutefois, il y a également des reines « légitimes », des femmes fortes qui exercent le pouvoir de façon admirable (Zénobie, Isabelle de Castille) ou encore des reines mères exemplaires.

La journée ne se limitera pas aux figures de reines ; on pourra également s’intéresser aux figures de femmes qui, n’ayant pas accès au pouvoir politique directement, cherchent à l‘exercer par procuration (on pense à Volumnia ou à Lady Macbeth chez Shakespeare) ou aux interactions entre les personnages féminins et les figures de pouvoir. On peut citer par exemple Jane Shore, la concubine du roi Edouard IV dans la pièce éponyme de Heywood, qui utilise son statut pour venir en aide aux nécessiteux tout en étant dans une certaine mesure victime du pouvoir royal, on pense aussi à la reine Esther, protectrice de son peuple. La femme peut donc apparaitre comme une mauvaise influence sur le monarque mais aussi comme médiatrice, ce qui permet de songer également à la Vierge Marie, « seule entre toutes les femmes » (Marina Warner). Nous verrons aussi que les pièces ne font pas que participer à la construction des images stéréotypées de la femme de pouvoir et de la femme au pouvoir : elles dénoncent parfois (le plus souvent, de manière indirecte et par le biais de l’ironie) les sources d’oppression auxquelles les femmes doivent faire face : oppression économique et législative bien sûr, mais aussi formes plus indirectes d’oppression comme les représentations stéréotypées des rôles genrés. À travers la représentation, les auteurs peuvent choisir de perpétuer les stéréotypes liés aux identités de genre ou au contraire les bousculer.

> Programme détaillé à venir

Contact :
Marie-Laure Masquilier :