Lire les Pères de l'Église entre la Renaissance et la Réforme.

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Six contributions éditées par Andrea Villani, préface de Bernard Pouderon

Notre collègue Bernard Pouderon nous prie d'annoncer la parution du second volume de la Collection Christophe Plantin (émanation du programme Plantin du CESR), issu d'une Journée d'études organisée à l'Université de Tours en septembre 2010

On trouvera ci-joint en pdf. une présentation du volume.
 

Entre le XVe et le XVIIe siècle, le monde savant a donné lieu à une véritable « renaissance » des Pères de l’Église, qui s’est développée sous des formes différentes de réception et à partir d’intérêts multiples. Dans ce contexte, « lire les Pères » peut signifier, tout à la fois, s’interroger sur les thèmes propres aux écrivains chrétiens de l’Antiquité en les faisant siens – réélaborés ou non – ; éditer leurs textes à partir de la découverte de manuscrits qui les ont conservés ; ou bien les traduire, en langue vulgaire ou en latin, quand le texte originel était en grec. Dans les siècles que l’on considère ici – du XVe au XVIIe –, ces processus se mêlent intimement au climat spirituel et culturel de l’humanisme d’abord et de la Réforme protestante ensuite. Ainsi, si les contributions consacrées à Cristoforo Persona et Marsile Ficin, centrées sur la fin du XVe siècle, ne laissent pas trop d’espace à la polémique religieuse, en se plaçant, d’une part, dans la première tradition humaniste marquée par l’exemple de Pétrarque et, d’autre part, dans la renaissance de la philosophie platonicienne, à travers les deux dernières interventions, dédiées à la fortune de certains écrits de Grégoire de Nysse ou de Cyrille d’Alexandrie, on apprendra, peut-être avec surprise, que beaucoup des traducteurs du plein XVIe siècle, bien que n’étant pas complètement imperméables aux controverses qui les entouraient, se plaçaient, pour leur intérêt premier, dans une tradition plus clairement liée à l’érudition humaniste des siècles précédents. La troisième et la quatrième contribution, en revanche, bien que portant sur des auteurs d’une dimension bien différente – le grand Augustin face au presque méconnu Nil d’Ancyre – et en adoptant des perspectives diverses – Luther lecteur d’un seul texte augustinien face à une histoire des éditions et traductions tant protestantes que catholiques de Nil –, nous montrent deux cas dans lesquels l’intérêt proprement religieux, voire la pure fonction polémique, a prédominé dans la réception des Pères. En lisant les six études à la lumière de ces données – formes de la réception et intérêts qui la guident –, le lecteur pourra se forger une image, partielle et limitée naturellement, mais néanmoins représentative et dans certains aspects exemplaire, de la « renaissance » de la patristique au début de l’âge moderne.

Paris, Beauchesne éditeur, 2013, 175 pages, 44 euros.

  • Dates
    Créé le 21 mai 2013