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L'ornement, signe de la modernité

le 16 octobre 2009


Programme « Vecteurs de l’idéel » - Équipe ARCHITECTURA -Frédérique Lemerle / Yves Pauwels

L'ornement, signe de la modernité

Le statut de l'ornement dans les arts est tout particulièrement mis en lumière dans le cas de l'architecture. De fait, rien de fondamental ne change dans les grandes structures des palais ou des églises lorsque Brunelleschi inaugure à Florence la période que l'on appelle « Renaissance », sinon, et ce ne n'est pas sans importance, une conception de la régularité et de la symétrie fondée sur de nouveaux idéaux esthétiques. Mais les plans de Santo Spirito ou de San Lorenzo restent, dans leur parti d'ensemble, proche de ceux des églises des générations précédentes ; il en va de même pour l'organisation des palais.

            La nouveauté la plus visible consiste donc en l'ornement : bases, chapiteaux, entablements et dans l'ensemble toutes les modénatures et leur décor sculpté s'inspirent désormais du modèle antique, de celui que précisément Brunelleschi et Donatello sont allés retrouver à Rome en fouillant les vestiges du Forum après 1401. Mutation superficielle, mais considérable : à Santo Spirito, l'emploi d'un seul type de chapiteau « corinthien » au sommet des colonnes est le signe du changement esthétique, de l'adoption des valeurs humanistes, du passage à une nouvelle ère culturelle.

            Ce qui vaut pour la Florence du Quattrocento concerne l'ensemble des foyers italiens ou européens. En France, le passage du château médiéval à la demeure de la Renaissance est essentiellement signifié par l'adoption des formes ornementales « italianisantes » - en même temps que d'autres formes, réduites à leur seule valeur décorative, rappellent le caractère militaire de l'édifice, et, partant, la noblesse de son propriétaire (ainsi les faux mâchicoulis à Azay-le-Rideau, ou les pseudo-canons de la porte de la basse-cour d'Anet). En Espagne, le traité de Diego de Sagredo (1526) compare les moulures aux ornements du vêtement, aux « bordures, tours et nervures qui se font aux vêtements, dont nous habillons » : « la braveté et gaillardise et édifices consistent ès moulures qu'on emploie, ainsi que en ton pourpoint et chamarre les beautés et choses plus regardées sont les bordures et additions de soie y mises » (Raison darchitecture antique..., trad. française, Paris, ca 1536, f. 11).

            Reste à détailler les modalités de cet emploi signifiant de l'ornement : l'ancrage dans l'héritage antique n'est pas le seul signifié envisageable, surtout à partir de 1500, lorsque les progrès de la philologie vitruvienne et de l'« archéologie » des ruines permettront de constituer un ensemble de médiateurs culturels qui vont considérablement enrichir les possibilités d'analyse et d'interprétation dans un contexte « maniériste » au sein duquel la référence (à une règle théorique, à un précédent antique ou moderne, à un référent historique, etc.) devient partie intégrante du jeu de représentation (Voir Y. Pauwels, Aux marges de la règle. Essai sur les ordres d'architecture  la Renaissance, Wavre, , 2008, chapitre « Les ordres, jeux de signes », p. 22 sq.)

            Il est donc du plus grand intérêt de s'interroger sur l'ensemble des modalités de  la « signifiance » de l'ornement à la Renaissance. Cette journée d'études sera l'occasion d'approfondir la problématique dans le domaine architectural (distinguant par exemple la période « pré-vitruvienne » du Quattrocento italien, de l'art de la Loire en France et du plateresque espagnol de la pratique savante du Cinquencento), mais aussi d'interroger l'ensemble des activités artistiques contemporaines : arts figuratifs, peinture, gravure ou vitrail, arts du livre, décors intérieurs...

 

 

Participants :

Alexandra Zvereva (Paris, Centre Roland Mousnier)

«  Cognoissance, demonstration & idée des choses cachées, esloignées, passées ou advenir » : l'art de déchiffrer les détails des portraits renaissants »

 

Olivier Deloignon (École d'art de Mulhouse)

« Parements de lettres. L'ornement typographique comme auxiliaire de la beauté textuelle. »

 

Laurence Riviale (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand)

« Vitrail et ornement à l'époque moderne : entre encadrement et glose marginale »

 

Sophie Mouquin (Université Charles de Gaulle, Lille 3)

« Cabochons et ornements de marbre dans l'architecture et le mobilier de la Renaissance française »

 

Alexandra Ballet (Université de Bourgogne, Dijon)

« L'ornement géométrique dans l'intarsia : nouveauté radicale ou simple parenthèse ornementale ? »

 

Frédérique Lemerle (Tours, CESR)

« L'ordre comme ornement »

 

Yves Pauwels (Tours, CESR)

« L'ornement comme signe : le paradigme de l'architecture »

 
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Informations complémentaires

Lieu(x)

  • Site CESR (Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance)

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