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Conférences publiques | École d’été Bibliotheca Digitalis

du 4 juillet 2017 au 8 juillet 2017




Dans le cadre de l’École d’été « Bibliotheca Digitalis. Reconstitution de réseaux culturels au début des Temps modernes. Des sources primaires aux données. » qui se tiendra à la Médiathèque Louis-Aragon du Mans du 4 au 8 juillet 2017, sont organisées trois conférences publiques (en français) de 17h à 18h30, Auditorium.

Bibliotheca digitalis

 

17:00 – 18:30

  Mardi 4 Juillet 2017

 

Réseaux culturels : fabrique du livre

 

Mark Greengrass

 

On considère habituellement que le livre résulte de l’inspiration d’un auteur. Sa publication est placée sous la responsabilité d’un éditeur ; une fois publié, le livre est diffusé, puis reçu au sein d’un réseau culturel. En réalité, les entreprises littéraires les plus ambitieuses du XVIe siècle étaient presque toujours le produit d’efforts collaboratifs fournis par des réseaux culturels ou religieux préexistants, parfois transformés pour l’occasion. Cette conférence propose de réviser l‘idée selon laquelle les réseaux culturels résultent de la publication d’ouvrages littéraires. Elle démontrera que les officines des éditeurs du XVIe siècle occupaient une place essentielle dans les réseaux culturels qui produisaient leurs publications. Je propose d’étudier en détail trois cas représentatifs : l’Histoire ecclésiastique… (1581) éditée par Théodore de Bèze sur l’histoire des églises protestantes en France ; le martyrologe de John Foxe (1563 et seq.) et l’édition des Lettres des martyrs (1564) ; enfin la Cosmographie universelle de François de Belleforest (1575).

 

  Mark Greengrass, Professeur émérite à l’Université Sheffield, est historien et spécialiste de la Réforme et des Guerres de Religion. Il a notamment publié Governing Passions: Peace and Reform in the French Kingdom, 1576-1585 (Oxford, Oxford U. P., 2007). Précurseur en matière d’humanités numériques, il a créé plusieurs sites Web qui diffusent des sources historiques inédites et édité un recueil de réflexion The Virtual Representation of the Past (Aledershot, Ashgate, 2008). Membre du conseil de perfectionnement du Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours, il collabore au projet « Bibliotheques françoises » mené par le programme « Bibliothèques Virtuelles Humanistes » depuis 2015.

 

17:00 – 18:30

Jeudi 6 Juillet 2017

 

La bibliothèque sous l’œil de l’archéologue

 

Pierre Aquilon

  Les bibliothèques entretiennent certaines ressemblances avec les sites archéologiques. En particulier celles qui possèdent des fonds patrimoniaux. Leur histoire est celle des apports successifs qui les ont constituées. Mon propos sera ici d’examiner, en empruntant mes exemples aux ouvrages imprimés entre 1455 et 1500, les éléments matériels dont les livres sont porteurs, au-delà de leur contenu textuel.

 

Il ne sera donc pas question de leur genèse typographique, mais de toutes les traces d’interventions humaines (reliures, ex-libris, décors, notes manuscrites, cotes…) à partir du moment où les cahiers de l’exemplaire « en blanc » ont quitté la presse.

Les mentions de provenance sont particulièrement importantes car elles ouvrent à leur tour un nouveau champ de fouilles qui conduit parfois jusqu’au « protopossesseur » de l’exemplaire et aux circonstances dans lesquelles il a acquis le volume. On voit ainsi se re-constituer des bibliothèques de particuliers parfois, mais le plus souvent de communautés religieuses et/ou enseignantes. Les notes manuscrites éclairent les usages de l’exemplaire, les reliures son mode de conservation, voire de consultation, les cotes le classement des collections. Rappelons que ces informations croisées s’éclairent réciproquement.

Les codicologues savent depuis longtemps que l’histoire des manuscrits ne se conçoit qu’à l ‘échelle planétaire. Il n’en va pas autrement pour les imprimés : grâce à la compilation des données dont chacun d’eux est porteur, ces « champs de fouilles » verront s’éclairer leurs propres objets par la mise au jour d’autres objets, aujourd’hui éloignés, qui ont partagé avec les premiers un moment de leur trajectoire livresque.

Ces explorations méticuleuses qui mettent en œuvre plus de compétences qu’il n’y paraît parfois apportent leur contribution à l’histoire culturelle.

  Pierre Aquilon, maître de conférences honoraire à l’Université François-Rabelais de Tours et au CESR, est historien du livre. Parallèlement à son enseignement de langue et littérature françaises, il assura au CESR un enseignement de paléographie et d’histoire du livre. C’est à cette discipline que sont consacrées ses recherches et ses publications. Il est notamment le coordinateur des Catalogues régionaux des incunables des bibliothèques publiques de France.

 

17:00 – 18:30

Vendredi 7 Juillet 2017

 

François Grudé de la Croix du Maine, bibliographe illuminé ou imposteur ?

 

Catherine Magnien-Simonin

  Longtemps décrié par la plupart des experts et des chercheurs, mais goûté par les bibliophiles, La Croix du Maine auteur du Premier volume de la Bibliotheque du Sieur de La Croix-du-Maine. Qui est un catalogue general de toutes sortes d’Autheurs, qui ont escrit en François depuis cinq cents ans & plus, jusques à ce jourd’huy autrement dit de ce que nous appelons aujourd’hui la première Bibliotheque françoise, ne fut-il qu’un visionnaire, ambitieux certes, mais brouillon et velléitaire, ou est-il l’ancêtre des créateurs de Wikipedia  ou Google ? En scrutant le volume qu’il fit imprimer chez Abel L’Angelier en 1584, que peut-on, en dépit de tous les mystères ou questions sans réponse, reconstituer de ses desseins et de leur réalisation, des motivations qui l’animaient, de ses compétences et incompétences et du poids de ses origines mancelles ? Peut-on enfin, encore en 2017, non seulement considérer sa Bibliotheque françoise comme une ressource bibliographique, mais aussi y trouver des incitations à la recherche ?

 

 

  Catherine Magnien-Simonin est professeur émérite à l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux et spécialiste de la littérature française et néolatine de la Renaissance. Elle s’est intéressée non seulement aux figures majeures du XVIe siècle telles Montaigne ou Du Bellay, mais aussi au milieu parlementaire, à l’épistolaire et aux auteurs mineurs : Etienne Pasquier, Etienne du Tronchet, Jean de la Gessée, Antoine Loisel, Guy Coquille, Jucquel Rougeart. Elle a publié avec J. Balsamo et M. Magnien Les Essais de Montaigne dans la Bibliothèque de la Pléiade (2007) ; récemment deux ouvrages collectifs, Gabriele Simeoni (1509-1570 ?) Un Florentin entre princes et libraires avec Silvia D’Amico (Genève, Droz, 2016) et, avec Eliane Viennot, De Marguerite de Valois à la Reine Margot (PUR, à paraître en 2018).


> Présentation et programme détaillé de l’École d’été Bibliotheca Digitalis (4-8 Juillet 2017, Le Mans)

Cette école d’été est soutenue par le projet européen Humanities at Scale (DARIAH-EU) et la Ville du Mans, en partenariat avec l’Equipex Biblissima et le Centre d’Études supérieures de la Renaissance de Tours.

Organisée par les partenaires du projet « Bibliothèques Humanistes Ligériennes » (Biblissima) :

  • Médiathèque municipale Louis-Aragon, Le Mans
  • Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, Tours
  • École nationale des chartes, Paris
  • Bibliothèque municipale, Angers
  • Bibliothèque du Prytanée national Militaire, La Flèche
  • Bibliothèque diocésaine, Le Mans
  • Société d’agriculture, sciences et arts de la Sarthe

 
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